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Paysannes

Paysannes
Réalisation : Gérard Guérin
Production : Laura Productions, INA, Serddav Cnrs
(1979)
3 DVD (6 heures) + Livret (100 pages)
Édition DVD : Les Mutins de Pangée
Version Française
30.00 €
 
LES FILMS

Une réflexion à haute voix sur la vie, sur la campagne, sur le présent.

Trois générations de paysannes du Larzac (1900-1980) racontent ce qui tissent leurs jours et parlent sans détour du mariage, de la famille, de la sexualité, de la religion, de l’éducation, de la guerre, du travail, de l’argent et de toutes les idées nouvelles apparues avec la lutte contre l’extension d’un camp militaire. C’est vivant, concret, chaleureux et c’est dit avec toute la beauté d’une langue que l’on voit évoluer des plus âgées aux plus jeunes.

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ÉCOUTER LA VOIX DES FEMMES, C’EST RATTRAPER LE TEMPS PERDU.

Ces trente dernières années, la réalité s’est transformée de manière beaucoup plus spécifique pour les femmes que pour les hommes, et je pense que le dynamisme rural est lié au dynamisme féminin.
Je voulais prendre le contrepoint, rattraper le temps perdu. Dans la paysannerie, les femmes n’ont pas la parole, la première réaction rencontrée a souvent été : « Je n’ai rien à dire, allez voir mon mari. » Au Larzac, il s’est pourtant passé quelque chose de différent ; les femmes se sont senties humiliées, niées quand les journalistes venaient interroger leurs maris et qu’ils repartaient comme si elles n’étaient pas là. Elles avaient conscience de pouvoir répondre aussi bien que leurs maris sur le conflit. Écouter la voix des femmes, c’est rattraper le temps perdu. Et puis il y a une franchise chez les femmes qu’on ne trouve pas toujours chez les hommes. C’est peut-être parce qu’elles n’ont pas encore eu le pouvoir, elles ne veulent pas modifier la réalité en fonction de leurs idées, elles n’ont pas peur d’aborder de manière frontale les contradictions. Quand une femme qui s’est tue parle, elle parle… » Gérard Guérin, Le Monde (1979)

UNE TRILOGIE DOCUMENTAIRE ET UN LONG MÉTRAGE CINÉMA

TRAVAIL
- Le dehors et le dedans : Évoquant la vie d’autrefois, les anciennes racontent leur apprentissage du travail et décrivent les gestes et les rythmes quotidiens de la ferme avant l’avènement du tracteur.
- Le choix de la peine : À travers la description de leur emploi du temps, des paysannes évoquent les avantages et les inconvénients de la mécanisation, son influence sur l’organisation de la ferme et sur la vie quotidienne des femmes.

FAMILLE
- Parents et enfants : Des paysannes de trois générations comparent l’éducation qu’elles ont reçue. Elles évoquent l’évolution des relations familiales, les tabous sexuels, le rôle de l’instruction et l’importance de la religion.
- Épouse et fermière : Rompant avec les manières de vivre traditionnelles de leurs parents, les jeunes agricultrices essaient d’inventer, à l’intérieur du couple, un nouveau mode d’organisation qui soit compatible avec leur liberté, leur identité et les contraintes d’une exploitation moderne.

RÉVOLTE
- Si je sème du blé, je ne récolte pas de l’avoine  : Leurs souvenirs des deux dernières guerres amènent des paysannes à réfléchir sur leur existence et sur ce que les idées nouvelles apparues à l’occasion du conflit du Larzac, leur ont apportées.
- Le film Guerres de femmes (long métrage cinéma) est centré sur la lutte des paysannes du Larzac contre l’extension du camp militaire, et sur leur prise de conscience en faveur de la non-violence. Les témoignages montrent comment la lutte pour défendre le Larzac a été le révélateur de certains problèmes, une remise en question de valeurs traditionnelles, mais aussi un enrichissement et un dépassement de soi.

- Paysannes + 40 : en complément aux films, Gérard Guérin revient sur la fabrication des films 40 ans après en compagnie de Gérard Mordillat.

PAROLES DE SPECTATRICE

Venant de recevoir le dvd "Les paysannes" de Gérard Guérin que je vous avais commandé, je tiens à vous adresser ce message pour vous dire que c’est là un grand moment de cinéma-vérité qui dépasse le simple documentaire illustratif. Nous retrouvons là ce que peut être une parole vraie, parole profondément démocratique non soumise à un projet idéologique ou à un quelconque populisme masqué. Toutes les femmes y sont merveilleusement elles-mêmes tant dans leurs paroles que dans leurs silences, les intérieurs comme les extérieurs les ancrent dans leur monde à la fois donné et mystérieux. Très beau travail donc, pudique, sans surcharge de commentaire explicatif, bel héritage de Vertov et Rouch, bel hommage d’un cinéaste qui ne se substitue jamais à ceux qui vivent et pensent. Datant de 1979, nous pouvons constater aussi combien cette parole digne a été confisquée au fil des décennies. Merci donc à Gérard Guérin, merci aux Mutins de Pangée ! Josiane Capelle

LE RÉALISATEUR

Gérard Guérin est né en 1937 à Paris. Assistant-réalisateur de Gérard Oury (Le Corniaud, La grande Vadrouille, Le Cerveau) ; William Wyler (Comment voler un million de dollars) et Bertrand Blier (Si j’étais un espion), il créé en 1972 sa société Laura Productions et réalise son premier film Lo Païs qui sera sélectionné à Cannes. En 1976, il produit le film de Gérard Mordillat et Nicolas Philibert La Voix de son maître qui sera censuré par la télévision. En 1979, il produit et réalise la trilogie documentaire PAYSANNES Travail Famille Révolte et le film Guerres de Femmes en 1980. La même année, il produit L’heure exquise de René Allio et Histoire d’Adrien de Jean-Pierre Denis, Caméra d’Or Cannes 1980. En 1981, il réalise son deuxième long métrage Douce enquête sur la violence avec Michael Lonsdale, Élise Caron, Claude Duneton. Le film sera aussi sélectionné à Cannes. Il produit ensuite Le Destin de Juliette (1982) d’Aline Issermann avec Laure Duthilleul & Richard Bohringer, Vive La Sociale (1983) de Gérard Mordillat avec François Cluzet, Robin Renucci, Elizabeth Bourgine, Yves Robert, Judith Magre et La véritable histoire d’Artaud le Mômo (1993) de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur avec Marthe Robert, Paule Thévenin, Henri Thomas et Jacques Prével de colère et de haine des mêmes réalisateurs.

PRÉFACE DE GÉRARD MORDILLAT (EXTRAIT)

Dans Paysannes, Gérard Guérin ne filme que les femmes. Il le fait pour des raisons sociologiquement objectives : elles sont là, à la maison, prêtes à lui consacrer leur temps, et pour des raisons politiquement toutes aussi objectives : la parole des femmes est souvent inaudible, étouffée, tue ou empêchée.
Trois générations témoignent à l’écran et elles parlent sans détour du mariage, de la famille, de la sexualité, du travail, de l’argent, de la lutte, de cette dignité pour laquelle elles se battent et qui est leur bien le plus cher. Ce qui s’impose immédiatement, c’est l’intelligence des propos, la lucidité de ces femmes vis-à-vis d’elles-mêmes et sur ce qu’elles vivent, la beauté d’une langue que l’on voit évoluer des plus âgées aux plus jeunes. Paysannes a traversé le temps et c’est stupéfiant de constater que la série nous interroge aujourd’hui peut-être plus violemment qu’au moment de sa réalisation ! La cause du peuple est devenue la cause des femmes. (extrait de la préface du livret)

LE LIVRET ET LE CAHIER PHOTOS

- Préface de Gérard Mordillat
- "Au commencent" par Gérard Guérin
- Lettre de Claude Duneton
- Chronologie de la lutte du Larzac
- Revue de presse
- Retranscriptions de dialogues extraits des soixante heures de pellicule.
- Cahier photos : pendant la préparation et le tournage de Paysannes, trois photographes ont fait des images qu’ils ont eu l’amabilité de nous confier pour en faire une sélection pour la présente édition. Merci à Dominique Cros, Louis Decque et Gérard Mordillat pour ces photographies.
- Bio-filmographie de Gérard Guérin